Photosensibilisation végétale : interaction “plante + lumière”

photosensibilisation plante lumière interaction phyto-photodermatose

Vous vous demandez sûrement ce que ce terme scientifique signifie photosensibilisation végétale (= phyto-photosensibilisation), quels sont les risques associés, comment les éviter ? En effet, je vais vous parler de sa manifestation physique qui est la phyto-photodermatose. Je réponds à tout cela par la suite avec des outils de prévention et également de traitement.

Qui plus est, c’est pendant l’été qu’il faut être le plus vigilant à cause de l’intensité des rayons UV(A-B) ! Cela serait dommage de gâcher ses vacances à cause d’une réaction cutanée imprévue alors que vous vous prélassez au soleil 🙂

Qu’est-ce que la “Phyto-photodermatose” ?

En fait, il s’agit d’une réaction cutanée anormale ou exagérée (brûlures, éruptions,…) lors de l’exposition (irradiation) au rayonnement solaire (ultraviolet), après contact avec une plante (substance végétale).

Quelles sont les causes responsables de cette réaction cutanée ?

Il est à noter qu’elle est due le plus souvent à la présence de furocoumarines (bergaptènes, psoralènes, xanthotoxines) dans la plante. Alliée à une exposition aux rayons UVs puissante et prolongée, ce sont les deux causes principales de la phyto-photodermatose.

2 grands types de réactions

Réaction phototoxique

Mécanisme non immunologique qui correspond à une réaction physiologique

  • Touche un grand nombre d’individus
  • Favorisée par l’humidité et donc la transpiration
  • Survient dès le premier contact
  • Reste strictement localisée à la zone cutanée en contact avec la plante et ayant été exposée aux rayons ultraviolets

Les symptômes : Aspect, délai, exemple

  • Son aspect :
    • Éruption érythémateuse, vésiculo-bulleuse, voire phlyctènulaire
    • Éruption superposable aux contours de la plante incriminée
  • Le délai d’apparition : de quelques heures à [24 – 72] heures après l’interaction “contact plante et rayons UVs”
  • Les exemples : les dermites (pigmentaire en breloque, des prés d’Oppenheim), la photo-onycholyse, …

Évolution de la réaction phototoxique

  • Elle évolue vers la desquamation (séparation en petites lamelles) et peut laisser place dans un second temps à une pigmentation résiduelle avec une régression spontanée en quelques semaines
  • Par ailleurs, elle laisse une certaine photosensibilité, même en l’absence de nouveau contact et peut rester présente pendant quelques jours voire quelques semaines

Réaction photoallergique (très rare)

Réaction immuno-allergique à un antigène formé au niveau de la peau (généralement de type IV selon la classification de Gell et Coombs)

L’antigène correspond à la transformation de la substance végétale par irradiation lumineuse en photoallergène.

  • Touche seulement un nombre très restreint d’individus
  • La concentration de la substance et la dose du rayonnement n’influent pas sur le déclenchement de cette réaction
  • Nécessite un contact préalable avec le photoallergène
  • Apparaît très souvent après un temps de latence plus ou moins long (effet retardé)

Les symptômes : Aspect, délai

  • Aspect polymorphe :
    • urticaire, eczéma,…
    • lésions initialement limitées aux parties découvertes, avec possibilité d’extension aux zones couvertes
  • Délai d’apparition : de 24 à 72 heures, en moyenne 48 heures après l’exposition

Évolution de la réaction immuno-allergique

En fin de compte, l’évolution est parfois prolongée avec des lésions pouvant persister longtemps après la fin de l’exposition. C’est à cause de la présence du photoallergène dans les téguments (poils, épiderme, cheveux, ongles, etc.).

Diagnostic

L’interrogatoire afin d’établir le lien et la chronologie entre le contact cutané avec la plante, l’exposition lumineuse, et l’apparition des symptômes

L’enquête étiologique pour tester les agents responsables :

  • Intradermoréactions (IDR), test polyvalent
  • Tests photobiologiques (Photopatch tests)
  • Test de Prick pour identifier l’allergène
Réaction allergique – Test cutanée de Prick

Comment prévenir ces réactions dues à la photosensibilisation ?

Tout d’abord, en prévenant la rencontrephotosensibilisant-exposition solaire“. En effet, le bon sens est votre plus fidèle allié !

Se protéger du soleil

D’une part, vous pouvez utiliser une photoprotection externe (vêtement, chapeau, gants,…). Elle pourra être directement conseillée aux personnes exposées. De plus, restez à l’ombre à l’abri du soleil et exposez-vous progressivement sur un temps très court.

Éviter certaines plantes

D’autre part, voici une liste non-exhaustive des plantes phyto-photosensibilisantes à considérer avec les indications suivantes :

Qui plus est, évitez un contact prolongé avec la plante, si vous la manipulez (cueillette, transformation par exemple).

Également, soyez vigilant avec les formes concentrées des plantes listées ci-dessous comme en usage interne et également externe (application sur la peau) :

  • Les huiles essentielles (Ultra concentrées) !
  • Les comprimés standardisés vendu par exemple en pharmacie, magasins de produits naturels ou autres.
  • Également les macérâts huileux ou autres produits cosmétiques contenant ces plantes.

Source : https://toxiplante.fr/toxicite_contact/photosensibilisation.php

Comment soigner la phyto-photodermatose ?

Les règles de bases

Tout d’abord, décontaminez immédiatement les zones affectées par un lavage abondant et prolongé à l’eau claire savonneuse.

Puis, pensez à changer les vêtements et les laver avant de les réutiliser.

Traitement topique local (externe)

Pour commencer, vous pouvez utiliser des crèmes ou pommades apaisantes, émollientes et hydratantes en cas de sécheresse cutanée

Il y a également les dermocorticoïdes que je suggère dans un second temps en cas de lésions modérées, donc suivant la gravité de la réaction cutanée à voir avec votre professionnel de santé

Traitement systémique (interne)

Je vous recommande les antihistaminiques en usage interne pour atténuer la sensation de démangeaison cutanée et pour calmer la personne.

En particulier pour les cas les plus sévères, vous pouvez utiliser la corticothérapie par voie orale en accord avec les conseils thérapeutiques de votre professionnel de santé !

En outre l‘antibiothérapie est indiquée en cas de surinfection bactérienne

Voilà, j’espère que cet article vous aidera à prêter un peu plus attention à la photosensibilisation et donc toutes ces interactions possibles entre certaines plantes et les rayons UVs.

N’hésitez pas à laisser un commentaire pour partager vos expériences, ou les fois où vous avez des amis ou de la famille qui ont été touchés par ces réactions. Ou aussi pour poser des questions constructives 😛

Sinon, il y a la newsletter aussi, paraît qu’il y a un bonus cool avec, un bonus peut en cacher un autre mais chut, je ne vous l’ai pas dit 😉

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