Interview de Quitterie Coustols – Herboristerie “Le pouvoir des plantes”

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Vivre de son activité d’herboriste, voici l’exemple de Quitterie Coustols. Se soigner avec les plantes est un héritage traditionnel qui nous appartient à tous. Cependant, se fournir les plantes avec une bonne qualité et les utiliser efficacement avec des dosages thérapeutiques peut sembler difficiles pour nombreux d’entre nous. C’est pourquoi, Quitterie a créé une herboristerie à Rochefort nommé “Le pouvoir des plantes” pour proposer des produits naturels de qualité tout en conseillant au mieux ses clients sur l’usage de ses produits à base de plantes.

La transcription complète de l’interview “Quitterie – Herborsiterie”

Bonjour à tous, ici Jordy Busom du blog “Le Jardin du Druide”. Aujourd’hui, j’aimerai vos parler de Quitterie Coustols qui est la gérante et directrice de l’herboristerie de Rochefort “Le pouvoir des plantes”. Elle a généreusement accepté mon invitation pour cette interview; Et donc nous allons parler ensemble un petit peu de son parcours d’experte phytothérapeute. Nous allons parler aussi de l’herboristerie en tant que telle, son activité et la reconnaissance bien évidemment de l’herboristerie.

Et même finalement de la phytothérapie dans le monde que cela soit en France ou dans d’autres pays comme le Canada, Belgique, Portugal, Allemagne et bien d’autres. Donc je vous conseille vraiment de regarder cette interview jusqu’au bout. Elle est très riche en informations. Elle nous partage donc son expérience à travers tout les périples qu’elle a pu vivre pour monter son activité et j’espère que vous cela vous intéressera !

J : Bonjour Quitterie

Q : Bonjour Jordy

J : Bonjour à tous ! Je suis Jordy Busom du blog “Le Jardin du Druide” et donc aujourd’hui, je viens vous interviewer, est-ce que vous pouvez vous présenter svp ?

Q : Oui, tout d’abord, bonjour à tous, je m’appelle Quitterie Coustols, je suis herboriste phytothérapeute et j’officie au 38 rue Toufaire à Rochefort.

J : Merci beaucoup, du coup maintenant que vous savez un peu qui sont les protagonistes, on va pouvoir passer à la suite de l’interview. J’aimerais tout d’abord vous poser comme question : Quelle est votre formation en fait en tant qu’experte phytothérapeute ?

Q : Alors, ma passion des plantes a commencé très tôt, j’ai tout de suite su ce que je voulais faire et donc j’ai tout de suite commencé les études d’herboristerie. J’ai commencé juste après le BAC à l’École Lyonnaise des Plantes Médicinales (ELPM) donc en présentiel, sur place à Lyon. C’est une formation qui dure 3 ans. A la suite de ça, j’ai eu mon diplôme mais je ne me sentais pas suffisamment à l’aise avec l’herboristerie, j’étais toute jeune. Quand on fait ces études là, on vous dit tout de suite, chaque année, vous ne pourrez jamais en vivre, c’est une passion, amusez-vous.

Q : On vous fait un peu peur. Donc à la suite de ça, j’ai poursuivi ma formation, c’est une école Canadienne “FloraMedicina”. Là, c’est beaucoup plus long comme formation, moi ça a duré plus longtemps. Après cela a un coût donc c’est vrai que si on doit récolter l’argent, cela peut durer très très longtemps. Moi cela a duré, 7-8 ans, la formation. Ouais… Mais à la suite de ça, vous êtes herboriste phytothérapeute ! Le programme est quand même beaucoup plus complet qu’à Lyon.

Q : Lyon, on va dire vous faire pour être cueilleur, cultivateur, transformateur ou herboriste d’officine. Et l’école Canadienne vous forme pour être herboriste en cabinet; Donc herboriste thérapeute, c’est une autre formation, donc il y a aussi de la psycho, de la pharmaco-cinétique. Voilà il y a d’autres choses en plus qui rallonge du coup toutes ces années. Je pense que quelqu’un d’assidu et un compte bancaire bien fourni peut le faire plus rapidement. Bon moi cela a duré plus longtemps… Pendant cette formation, j’ai suivi des formations annexes avec des herboristes américains, notamment Rosemary Gladstar et Rosalee De La Forêt, voilà. Deux herboristes américaines, parce que j’adore avoir des visions différentes qui traite l’herboristerie de manière différente.

J : J’ai déjà vu des ouvrages, on va dire leur travail sous forme d’articles, de livres sur internet. Donc je vois un petit peu de qui vous parler et effectivement, ça à l’air d’être des – comment dire – pointures aux États-unis (USA) et peut être même au Canada, non ?

Q : Ouais, aussi oui, parce que ma directrice d’école Caroline Gagnon, donc l’école canadienne a été formé… Elle aussi a fait beaucoup d’écoles, elle a connu beaucoup d’herboristes, et je crois que l’une de ses herboristes formatrices fut Rosemary Gladstar, voilà.

J : Et donc après ça, vous avez décidé ?

Q : Après ça, alors j’ai commencé à travailler un peu “au milieu”. Parce que j’avais déjà des diplômes et puis il fallait que j’avance. C’est marrant parce que j’ai commencé à enseigner. J’ai commencé par faire de la formation à d’autres personnes, voilà, c’est très marrant 😉

J : C’est très intéressant pour apprendre

Q : Oui, et puis rien de telle, pouvoir redonner, transmettre un discours d’informations de manière claire, répondre aux questions et autres. C’est là où vous apprenez le mieux et où vous apprenez à maîtriser votre sujet. Voilà c’est très…

J : C’est l’exercice que j’essaye de faire avec mon blog quand je traite toutes les informations, que je croise les sources, pour ensuite retranscrire, structurer, synthétiser et essayer d’apporter simplement de la valeur ajoutée à mes lecteurs.

Q : Et tout d’un coup, vous avez une question qui sort, quelqu’un qui lève la main, le doigt et là vous dites mon dieu, j’y avais pas pensé !

J : C’est ça 🙂 Et ça nous oblige à chercher, quelque part c’est pro-actif dans notre amélioration. Autant en profiter.

Q : Exactement, donc j’ai commencé comme ça, mes élèves étaient des pharmaciens, des médecins. C’était des gens qui cherchaient à aller plus loin dans la connaissance des plantes, donc c’était aussi très instructif. Après, j’ai fait des consultations.

J : A domicile , en ligne, sur Skype ?

Q : C’était un peu de tout en fait, tout dépendait de la personne. J’avais un endroit, c’était sur l’Houmeau, donc j’avais un cabinet. Si la personne ne pouvait pas se déplacer, je pouvais me déplacer moi ou bien faire une consultation via Skype. Voilà ça pouvait se faire comme ça.

J : D’accord

Q : Et, j’ai été frustré quelque part parce que à la fin des consultations quand vous suggérez un traitement ou on va dire une ligne de conduite avec les plantes, avec l’alimentation, avec l’alimentation, tout se passait bien mais avec les plantes s’était très difficile pour mes clients de trouver ce qui était écrit sur mes suggestions de soins.

J : Donc, de se fournir physiquement le produit pour pouvoir le consommer dans le cadre du traitement.

Q : Oui, c’est ça. Donc à la contre visite, enfin à la visite d’après quand je demandais qu’elles étaient les améliorations, si ça avait été facile ou autre, souvent les gens me disaient : “Ben je n’ai pas trouvé ou j’ai pas tout trouvé, j’ai pas…” Donc me voilà directrice d’une herboristerie pour que mes clients puissent se fournir en plantes médicinales.

J : Donc, vous avez réglé le problème à la source en ciblant directement l’approvisionnement et la distribution des plantes.

Q : C’est ça ! Donc voilà autre aventure.

J : C’est super, moi j’adore ! Et finalement, vous avez cette herboristerie à Rochefort qui s’appelle “Le pouvoir des plantes”. Et comment est-ce que vous avez mis votre activité en place, cela vous a demandé un certains temps, certaines ressources ? Vous avez déjà pu bénéficier de votre qualité d’experte en phytothérapie. Donc déjà vous avez pu asseoir votre autorité, votre légitimé en tant que gérante, directrice d’une herboristerie. Et donc comment est-ce que vous avez réussi quelque part à monter ce projet ?

Q : Alors pour être honnête, point de vue financier cela a été dur car aucune banque ne suivait une herboristerie. C’est pour ça aussi que le projet a englobé un restaurant “Self Bio” fait partie du projet initial. Il y avait Self Bio salon de thé et herboristerie. Donc c’est comme ça que l’on a eu les crédits. Sinon parce que tout les experts comptables qui ont travaillé sur le projet mettaient des chiffres catastrophiques. Donc il y a eu un petit coup de pouce de ce côté là grâce au restaurant parce que l’on est devenu crédible.

J : D’accord, donc vous avez décidé quelque part de faire un pôle Bio, bien-être histoire d’avoir plus de crédibilité et les financements pour monter le projet. Donc tout seul, dans votre situation en tout cas, ça a été très difficile. Et vous avez été obligé de rusé – quelque part, on va dire – de mettre une stratégie en place pour faire en sorte de pouvoir monter l’herboristerie. Et combien de temps cela a pris pour ce projet à se mettre en place ? Je veux dire du moment où vous avez commencé à visualiser, à l’imaginer et vraiment le moment où vous avez mis les bouchées doubles pour faire avancer et monter l’herboristerie.

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Q : Alors…, ça a pris des années parce que je me souviens, la maison familiale se trouve à l’Houmeau, vers La Rochelle. Et il y a 7 ans, je voulais créé un centre dans cette maison de famille, un pôle santé alternative donc j’avais le lieu, ma maison de famille. Il me fallait pas beaucoup d’argent, aucunes banque ne m’a suivi… Je voulais faire une école, un restaurant Bio car la santé commence dans l’assiette. Voilà, ça aurait regroupé plein d’activités différentes, comment rester en santé, comment retrouver la santé, des petits ateliers ouvert à tous, très diversifié, très ouvert.

J : Très complet quelque part.

Q : Oui, et ça ne s’est jamais fait, aucune finance. Après, j’ai déménagé sur Rochefort. Et là j’ai monté ce projet, donc à la base je voulais une herboristerie et j’ai greffé là-dessus le restaurant Bio pour être crédible. Et là ça s’est très vite réalisé !

J : Combien de temps à peu près ?

Q: Le plus dur ça a été les travaux. Mais j’ai eu mon crédit en 6 mois, voilà. Alors que je ne partais de rien. Pas d’apports, enfin vraiment catastrophique comparé à l’autre projet où il ne me fallait pas grand chose. Voilà, là j’ai eu besoin d’un beau prêt.

J : J’imagine

Q : Parce que j’ai fait beaucoup de travaux. C’était dans un état… on a repercé les canalisations, on a fait du gros oeuvre en fait dans ce local.

J : Pour tous aménager, préparer avec un gros financement qui cette fois-ci comme vous dites a été accepté. Donc tant mieux !

Q : Oui, tant mieux ! Quand j’ai déposé le dossier je n’y croyais pas. Je me suis dit un de plus, allez on tente, et ben oui ça marche.

J : C’est très bien ! Comme quoi il ne faut pas baisser les bras, il faut persévérer et un jour ça paie !

Q : Oui, même si ça vous parait impossible et irréalisable, essayer parce qu’on ne sait jamais.

J : Donc à peu près 6 mois pour obtenir le prêt, monter l’activité, les travaux durent je suppose…

Q : Là, ça a été catastrophique, on avait prévu 2 mois de travaux. On a eu 9 mois + 2 après, donc très difficile, très long. Là c’était dur parce qu’une fois que le prêt est parti, il faut y aller, il faut travailler…

J : On s’accroche

Q : Donc bon, on a réussi, les travaux sont enfin fini :

J : Après le résultat est vraiment sympa, très agréable. Il y a une très bonne ambiance, d’ailleurs je posterai un lien par ici (https://www.youtube.com/watch?v=m4GKhaQWLmc), pour que vous puissiez quelque part regarder un petit peu les locaux et visiter sur internet à distance cette belle herboristerie ! J’aimerais en revenir sur le fait que vous avez quand même eu du mal à monter le projet. C’était pas le premier essai, il y en a eu du coup au moins 3 – le troisième essai – donc vous vous êtes accroché et finalement ça a payé ! C’est le principal je pense. Et vous avez eu du courage de vous accroché de la sorte, en tout cas pour monter un bel endroit comme celui-ci 🙂

Q : Courage, je dirai folie et insouciance. Cela va être refusé, on test. Et en fait, non, ça marche ! :rire: Oui, je suis super contente ! C’est génial 😉

J : Alors maintenant, on va passer un peu à comment est-ce que l’activité se passe au niveau de l’herboristerie ? En fait, est- ce que vous, ça vous satisfait ? Est-ce que vous avez – comment dire – des facilités d’accès pour certains fournisseurs pour vous approvisionner ? Où est-ce que vous vous approvisionner ? En fait comment est-ce que l’herboristerie réussi à apporter de la valeur ajoutée aux clients via ses produits naturels ?

Q : Alors trouver les fournisseurs est chose difficile, il y a beaucoup de rupture de stock notamment pour certaines plantes. Après moi j’avais travaillé comme Wwoofer pour certaines entreprises.

J : Wwoofer, c’est à dire ?

Q : Vous travaillez gratuitement moyennant quoi vous êtes logé nourrit.

J : D’accord, pour l’expérience je suppose, pour se faire la main comme on dit.

Q : C’est ça, donc j’ai travaillé pour le Gattilier, voilà. Après j’avais des pistes de fournisseurs, je savais avec qui je voulais travailler. Moi ça fait longtemps que je baigne dans ce domaine. Et comme ma première formation s’est passé à Lyon tous mes collègues d’école de l’époque ont ouvert leur entreprise. Allez, 90% des gens qui sortent de là vont plutôt être cueilleur, cultivateur, transformateur. Très peu vont avoir une herboristerie ou un cabinet. Mais du coup, presque tous mes amis de l’époque sont aujourd’hui, cueilleurs de Lavande en Provence.

J : Ce que vous permet d’avoir des contacts avec des fournisseurs pour approvisionner l’herboristerie.

Q : C’est ça, voilà !

J : En plus, quelque part, cela vous assure une qualité vraiment au top ! Vous connaissez les personnes qui produisent, leur méthode de production. Cela vous permet de vraiment faire un tri sur la qualité.

Q : Je sais ce que je veux vendre et je sais ce que je ne veux pas vendre.

J : Vous gardez le meilleur pour vos clients évidemment 😉

Q : Juste un exemple, en fleur de Bach pour moi il n’y a qu’une marque qui est valable. En “marque connue” je parle, c’est la marque DEVA. Après c’est que des petits producteurs, mais une marque connue de bonne qualité que je valide moi, c’est DEVA. Le reste, je ne valide pas, donc je ne vend pas.

J : Très bien, c’est important de réserver le meilleur à ses clients, à ses lecteurs, à son entourage. En fait à tous ceux qui nous suivent et qui font vivre nos projets.

Q : Et puis mon but, le but d’une herboristerie, c’est que le client soit content et que le client reparte avec moins de douleurs, enfin satisfait. Si on a un produit de qualité, on a de grandes chances que ça marche 😉

J : Eh bien écouté, maintenant on va pouvoir passer on va dire sur les ambitions peut-être de l’herboristerie en fait. Vous comptez garder l’herboristerie telle qu’elle, un projet d’aménager différemment ? Proposer d’autres produits supplémentaires, d’ouvrir certaines gammes ? Est-ce qu’on reste dans un modèle standard ou plutôt est-ce que cela va évoluer et proposer plus de diversité ?

Q : Alors, je pense qu’elle sera tout le temps en évolution. Déjà parce que moi-même je découvre des choses nouvelles. Alors là je suis aux anges ! Et du coup je veux en faire profiter mes clients et quand j’aime je ne compte pas. Du coup je pense qu’il va y avoir des changements. J’aimerais bien que mes fournisseurs en plantes sèches soient plus locales. Alors là, c’es le coté technique, quand vous passez via des petits récoltants, c’est des 500g, 1kg, 1,5kg maximum. Cela fait beaucoup de commandes à passer, voilà, techniquement parlant, c’est très difficile.

Q : Donc là je passe par des grossistes en plantes médicinales BIO, voilà. Mais petit à petit je commence à tisser des liens avec des petits récoltants autour de la région. Donc comme je sais, bon, il y a la Centrale (nucléaire) du Blayais. Donc il faut quand même regarder où vont les vents et bien choisir ses zones de cueillettes. Bon voilà, mon souhait pour le futur serait d’avoir des plantes encore plus proches de nous.

J : Quelque part, pour s’assurer qu’elles (les plantes) soient encore plus fraîches – on va dire ça comme ça -. Si elles sont séchées, cela fait un petit contradictoire de dire ça comme ça. Mais c’est vrai que plus elle est fraîche quand elle est séchée, plus on peut profiter des qualités thérapeutiques pour les clients, donc c’est mieux ! Vous en plus cela vous permet de vérifier directement les méthodes de productions. Peut-être même les méthodes de récoltes et ainsi de suite donc c’est quand même plus agréable. Ok très bien !

Q : Ça c’est le futur

J : Parfait, ça s’annonce très bien 😉 ! J’aimerais aussi aborder avec vous un petit peu la vision, mais surtout la reconnaissance quelque part de l’herboristerie en France et dans le monde. Parce que, on l’a compris avec l’histoire que vous avez raconté sur votre parcours que vous allez vous former au Canada et même avec certains mentors aux États-unis. Et effectivement la reconnaissance, je sais qu’elle n’est pas du tout la même qu’en France. Donc qu’est-ce que vous vous en pensez par rapport à la France, à la Belgique, la Suisse, l’Allemagne, les États-unis, le Canada et ainsi de suite.

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Q : Moi je ne comprend pas pourquoi la France s’entête à ne pas reconnaître ce métier d’herboriste. Parce que tout les pays d’Europe, moi j’ai des collègues en Belgique qui ont une officine. Quand je vais au Portugal, vous avez des herboristeries. Je ne vois pas pourquoi la France ne veut pas reconnaître ce métier. Et aujourd’hui, je trouve qu’il est essentiel de l’encadrer. Parce que justement, c’est en ne le validant pas auprès de l’état que ça laisse un vrai flou artistique et que n’importe qui peut faire n’importe quoi ! Voilà, moi je suis plus à ce niveau là. Il faut réglementer, “réglementer” c’est un bien grand mot, ce n’est pas ça…

Q : On ne peut pas dire n’importe quoi, voilà. Et l’état joue la carte de on n’a pas le droit de donner de conseils. Mais ce n’est pas le but, parce que donner une mauvaise plante à quelqu’un qui prend un médicament ce n’est pas bon pour lui. Donc il faut mieux lui dire ce qu’il en est, la réalité, pouvoir le conseiller l’orienter vers autre chose. Ou lui dire vraiment là ne le faites pas que de laisser un flou juridique, thérapeutique. Non ça ne marche pas, ce n’est pas comme ça. l’herboristerie, pour moi c’est très… on peut nuire quand même…

J : La nature en elle-même – comment dire – elle n’a pas de juge arbitre comme nous sur ce qui est bon ou sur ce qui est mauvais. En fait elle propose ce qu’elle a et c’est à nous de s’adapter. Effectivement, ce genre de flou juridique, de non reconnaissance vis à vis de la réglementation et même des pratiques, finalement cela peut mettre en danger le consommateur. Donc c’est important que l’état arrive à mettre les choses au clair. Et quelque part à surfer sur la vague parce qu’il y a de plus en plus de demandes pour des médecines à base de plantes et autres.

J : Donc au lieu de surfer à contre-vague comme j’ai l’impression, la France est peut-être encore l’un des seuls pays à le faire (en Europe). Peut-être, s’inspirer des modèles Canadien, Belge, Portugais et ainsi de suite… Eux arrivent à surfer sur cette vague et à contrôler un petit peu mieux ces pratiques qui en fin de compte ne sont pas nouvelles mais qui ont une nouvelle ampleur – on va dire – dû au nouveau besoin des consommateurs.

Q : Oui, voilà, moi je pense que c’est important pour le futur. Parce qu’il y a des nouvelles découvertes de faites sur plantes, on en découvre tous les jours. Il faut remettre à jour tout ça, il faut informer la personne, le client, le consommateur. Et en plus, je trouve que c’est quelque chose qui nous appartient à tous, c’est notre héritage culturel, nos ancêtres avaient l’habitude de se soigner avec les plantes et on a pas le droit de nous le retirer, ça nous appartient à tous. On a le droit à une information d’actualité. En plus maintenant, il y a une autre chose qui se rajoute c’est que l’on prend des médicaments allopathiques et les plantes peuvent agir sur l’absorption ou autres de ces médicaments allopathiques donc la on croise les médecines, “médecine du passé”, ” médecine du futur”. Enfin, il faut remettre tout ça au goût du jour.

J : Ce que je comprend, c’est que effectivement, avec les progrès de la médecine moderne, on a des médicaments de plus en plus complexes et efficaces – quelque part – mais qui n’ont pas forcément étaient testés au niveau des interactions avec tous les autres produits, cela demanderait des ressources incroyables pour tester rien que les plantes reconnues aujourd’hui par l’état français pour une utilisation – on va dire – encadrée. Donc rien que ça c’est juste énorme, et le fait d’avoir un retour sur expérience, qui n’a pas été validé par une étude mais qui a été validé des cas concrets, – on va dire – une validation empirique, ça permet quelque part d’avoir une certaine jurisprudence sur ce genre de pratiques et c’est quelque chose d’important qu’il faut garder à l’esprit.

Q : Et aujourd’hui, vous avez quand même des études scientifiques ou des – comment on appelle ça – dès qu’il y a une interaction trouvée entre plante et médicament parce que en fait c’est ça l’enjeu au jour d’aujourd’hui, c’est de connaître les interactions plantes médicaments. Et il y a des livres scientifiques qui notent, on les a pas pour toutes les plantes, mais on peut les avoir pour pas mal de plantes.

J : C’est un très bon départ et justement à utiliser que cela soit pour les consommateurs ou pour les experts phytothérapeutes et autres afin de conseiller leurs clients et d’avoir un recul – quelque part – sur l’utilisation de ces plantes en interaction avec les médicaments.

Q : Et il y a même une application j’y pense, parce que moi je l’utilise tout les jours en magasins, parce que je demande toujours à mes clients quels sont leur médicaments allopathiques quotidien, et je vérifie s’il y a des interaction avec les plantes qu’ils vont prendre. Et je me sers pour ça de l’application MedScape.

Q : Donc vous rentrer le nom de la molécule (pour les plantes = le nom latin), déjà l’application… c’est le Vidal américain. Mais l’avantage de cette application contrairement au Vidal, déjà le Vidal est payant, c’est pas cool, elle (MedScape), elle est gratuite et en plus elle, cette application elle va faire, voir s’il y a des interactions entre les médicaments eux-même et après si vous mettez le nom de la plante, si la plante a une interaction avec ces médicaments. Donc elle vérifie toute seule !

J : Ben moi je n’étais pas du tout au courant de ce genre d’outil et c’est génial qu’il en ait développé, parce que c’est hyper important. Cela permet finalement au consommateur d’avoir facilement accès à ce genre d’informations, donc très content de la savoir.

Q : Il faut juste connaitre

J : Ben oui, comme vous dites, il faut juste le connaitre et pourtant après si on ne fait pas de recherche dessus ciblée ou si par exemple certains experts ou personnes ne nous en parlent pas, ben finalement moi je n’avais pas encore reçu l’information. C’est très important et c’est pour ça que je suis très content de pouvoir en profiter. Moi-même, cela va m’aider et tous les consommateurs pourront aussi en profiter.

Q : Donc vous verrez, toutes les plantes ne sont pas répertoriées, mais déjà vous avez les plus courantes et puis après il y a toujours des découvertes. Enfin, c’est mis à jour régulièrement, mais il y a des plantes… enfin… voilà, vous n’aurez pas toute les informations non plus. Après il faut aller gratter les livres.

J : Très bien, il faut arriver à récupérer l’information où l’on peut quand elle n’est pas disponible mais effectivement plus c’est synthétisé, plus c’est facile d’accès – comment dire – mieux c’est pour le grand public. Enfin, on ne va pas passer des heures et des heures à chercher l’interaction avec une plante, on est tous énormément occupé dans notre vie, on a évidement tous nos priorités et plus c’est facile d’accès mieux c’est !

Q : Voilà, un petit plus.

J : D’accord, très bien, pour ma part c’est bon. Est-ce que vous voulez rajouter quelque chose ?

Q : Non, c’est bon en fait 🙂

J : Très bien, encore merci pour cette interview, c’était vraiment super, des belles découvertes. Franchement, j’adore. Et franchement vous avez un très très beau parcours et une très belle herboristerie.

Q : C’est gentil, merci !

J : Au plaisir de se revoir et j’espère que les lecteurs qui sont présents pourront aussi bénéficier de vos services !

Q : Avec grand plaisir, merci à vous !

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