9 plantes médicinales menacées à cultiver de manière responsable

cultiver plantes responsable

Avez-vous remarqué que ces dernières années, des mouvements responsables tels que les “locavores” ou même les “écolos” ont donné aux gens une meilleure vision sur la saisonnalité, l’abondance ou la rareté des ressources naturelles ? Ainsi que l’intérêt pour la durabilité et l’utilisation des ressources régionales. Cultiver des plantes médicinales menacées de manière responsable est essentiel !

Cependant, certains mouvements comme celui des “herboristes” manquent de soutien. Je vous suggère de vous promener dans une allée de suppléments diététiques pour vous en rendre compte. La consommation effrénée de plantes médicinales menacées est évidente.

Il est à noter que certaines des plantes les plus populaires telles que l’Échinacée (puissant stimulant immunitaire), l’Hydraste du Canada, le Ginseng américain et bien d’autres encore, disparaissent rapidement de leur habitat naturel à un rythme alarmant.

Beaucoup d’entre nous se tournent notamment vers ces plantes médicinales pour nous aider dans nos problématiques de santé et de bien-être en raison de leur grand potentiel thérapeutique.

Cependant, ces plantes sont souvent cueillies, préparées et vendues sur la base d’informations incomplètes voires complètement fausses.

Laissez-moi vous donner quelques exemples :

  • L’Échinacée n’est pas un préventif absolu de la grippe.
  • L’Hydraste du Canada n’altère pas les résultats du test de dépistage de drogues.
  • Le Ginseng américain ne guérit pas comme par magie le dysfonctionnement érectile.

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi il est préférable de cultiver ces plantes de manière responsable. Si vous ne pouvez pas cultiver vos propres plantes, je vous propose également des alternatives raisonnables pour ces plantes menacées.

L’Échinacée, une des plantes à cultiver pour sa qualité

Une invité surprise vient déguster une fleur d’Échinacée. Photo de Danyelab

L’Échinacée (Echinacea spp.) semblerait être le remède naturel emblématique de la saison du rhume et de la grippe auprès du grand public. Comme je l’ai déjà évoqué, l’Échinacée est une plante formidable pour le soutien du système immunitaire.

Cependant, j’aimerai apporter quelques précisions. Si vous la prenez APRÈS l’apparition des symptômes, il existe peu de preuves démontrant que c’est une plante efficace pour raccourcir la durée et la gravité des symptômes. En effet, je vous recommande de prendre l’Échinacée AVANT à titre prophylactique (qui prévient la maladie).

Malheureusement, très peu d’Échinacée poussent à l’état sauvage en raison de la surexploitation. L’Échinacée est une plante herbacée vivace qui préfère les boisés secs clairsemés , les prairies et les montagnes d’Amérique du Nord.

L’Échinacée aime les sols ensoleillés et légèrement plus alcalins voire neutre dans la plage de pH de 6,5 à 7,5. Cette plante aime les sols bien drainés et sablonneux ou légèrement rocheux. L’Échinacée résiste au froid, à la sécheresse et peut être semer de nouveau facilement.

Vous pouvez récolter les parties aériennes de la plante au moment de la floraison. Je vous conseille de retirer les fleurs fanées pour prolonger la floraison. De plus, je vous encourage à récupérer les racines au bout de deux ans.

>> Alternatives : Sureau (Sambucus nigra), Eupatoire (Eupatorium perfoliatum)

L’Hydraste du Canada, une fausse rumeur responsable de sa surconsommation

Hydraste du Canada plante médicinale cultiver responsable
Les fleurs d’Hydraste du Canada sont trimères : les sépales sont blancs caducs, les étamines en hélice. Photo de leoleobobeo

L’Hydraste du Canada (Hydrastis canadensis) doit son état menacé actuel en grande partie à une légende urbaine qui ne mourra pas de si tôt. Cette plante n’élimine pas les traces de THC de votre urine pour obtenir des résultats négatifs.

Il s’agit pourtant d’un puissant diurétique et d’une merveilleuse plante lymphatique. Néanmoins, c’est l’une des plantes les plus mal utilisées et les moins bien comprises des magasins de produits naturels.

Encore une autre plante originaire de l’est de l’Amérique du Nord. L’Hydraste du Canada est une plante vivace herbacée des bois nécessitant beaucoup d’ombre (> 75%). Les feuilles délicates brûlent facilement au soleil de midi. Cette plante convient donc mieux aux expositions nord-nord-est. L’Hydraste du Canada aime les sols légèrement acides, bien drainés, riches en humus.

L’Hydraste du Canada s’adapte merveilleusement bien à la culture car le manque de concurrence dans les terrains boisés améliore les rendements des racines fraîchement creusées.

>> Alternative : racine de Mahonia ou Vigne de l’Oregon (Berberis aquifolium), veuillez noter que cette plante est sur la “liste de surveillance” et devrait être utilisée pour des problèmes aigus.

Le Ginseng américain à cultiver impérativement de manière responsable

ginseng américain plante médicinales cultiver responsable
Panax” vient des mots grecs Pan = “tout”, et Akos = “remède”. Donc, Panax = panacée (en français) désigne le remède universel.
Photo de boaz0914

Il est indéniable que tout herboriste vous vantera les nombreuses vertus du Ginseng américain (Panax quinquefolius). Le ginseng américain est un adaptogène incroyable, qui aide le corps à réagir au stress, ce qui a un effet de cascade positif sur pratiquement tous les systèmes organiques.

Notamment :

  • Ralentir le processus de vieillissement.
  • Augmenter l’endurance.
  • Régulariser la glycémie.
  • Traiter également d’autres problèmes de santé.

On comprend donc pourquoi le Ginseng américain est largement surexploité.

Cette plante d’Amérique du Nord possède un état de conservation si grave qu’on la considère en voie d’extinction depuis plus de 40 ans (Annexe II de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction, 1975).

Le Ginseng américain est une plante vivace herbacée qui préfère le sous-bois des forêts humides. Elle est également viable dans les cours ombragées. De même que l’Hydraste du Canada, le Ginseng américain requiert beaucoup d’ombre.

Assurez-vous qu’elle reçoit seulement le soleil du matin lorsqu’elle n’est pas ombragée pour optimiser son potentiel de croissance. Il préfère les forêts humides, non perturbées et matures, dans des sols dont le pH est légèrement acide [6,3 ; 6,8] et bien drainé comme sur des sols sableux par exemple. Les forêts dominées par l’érable, le caryer cordiforme, le frêne blanc et le tilleul sont idéales.

Pendant les étés secs, arrosez avec un brumisateur (évite la formation de flaques d’eau) au moins une fois par semaine.

En outre, les racines du Ginseng cultivées sont prêtes à être récoltées autour de cinq ans ! Vous comprenez maintenant l’investissement majeur en temps.

>> Alternatives : Ashwagandha (Withania somnifera), Rhodiola (Rhodiola rosea), Basilic sacré ou Tulsi (Ocimum Sanctum)

Le Kava, parmi les plantes à cultiver respectueusement

Kava cultiver responsable plante médicinale
Le Kava (Piper methysticum) est apparenté au poivre, ce qui est confirmé par son goût. Photo de Vlad Karpinskiy

Cette plante tropicale (Piper methysticum) est sur la liste de “surveillance” plutôt que la liste officielle des espèces “menacées”. Cela étant dit, les aspects “mystiques” de la tradition du Kava attirent ceux qui n’ont pas de liens culturels avec la plante depuis des décennies.

Qui plus est, c’est une plante merveilleuse pour les problèmes de stress aigu et d’anxiété. Par ailleurs, on l’utilise en général pour des durées inférieures à deux semaines lorsque cela se justifie.

Cependant, ce sont les quantités excessives utilisées pour induire ses effets psychotropes (pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec le Kava) qui suscitent des inquiétudes concernant la surexploitation.

Le Kava est un arbuste originaire des îles du Pacifique Sud. Il est à noter que l’habitat tropical du Kava est difficile à reproduire. Néanmoins, la culture de cet arbuste en dehors des climats tropicaux peut se réaliser dans un climat contrôlé avec des sols riches et humides, de l’ombre et un drainage adéquat. Les racines de Kava se développent rapidement au cours des années deux à cinq, ce qui en fait le moment idéal pour la récolte.

>> Alternatives : Passiflore (Passiflora incarnata), Scutellaire casquée ou Toque (Scutellaria lateriflora), Basilic sacré ou Tulsi (Ocimum sanctum)

Actée à grappes noires, candidat idéal à cultiver

Actée à grappes noires plante médicinale cultiver responsable
Cet épi d’Actée à grappes noires va accueillir des inflorescences odorantes de couleur blanches. Photo de Pitsch

Le répertoire de la santé reproductive et de la ménopause des femmes ne serait pas complet sans la mention de l’Actée à grappes noires (Cimicifuga racemosa). De crampes au syndrome prémenstruel à la ménopause, l’Actée à grappes noires offre un soutien merveilleux.

En raison de son large spectre d’actions thérapeutiques, la demande pour cette plante augmente rapidement et son habitat diminue. Une autre plante forestière originaire de l’est de l’Amérique du Nord. La Cimicifuga préfère l’ombre partielle dans les sols riches et limoneux. Cette plante est résistante au froid et les graines nécessitent des températures de gel pour germer au printemps.

Par ailleurs, l’Actée à grappes noires est une des plantes qui prospère à condition de la cultiver de manière responsable, dans des conditions appropriées, ce qui en fait un candidat idéal à préférer pour la culture par rapport à la cueillette sauvage.

Les racines sont matures pour la récolte après environ trois ans de croissance. En outre, je vous conseille de les transformer à l’état frais en une teinture afin de préserver les avantages médicinaux.

>> Alternatives : la Grande Camomille (Partenelle), l’Achillée millefeuille (Achillea millefolium), l’Agripaume (Leonurus cardiaca), fruit du Gattilier (Vitex agnus castus)

Le Lomatium, le cultiver, c’est préserver l’espèce

Lomathium plante médicinale cultiver responsable
L’inflorescence de Lomatium est une ombelle composée de nombreuses petites fleurs jaunes ou rougeâtres.
Photo de Richard Droker

Le Lomatium (Lomatium dissectum), une plante profondément antivirale, originaire des régions occidentales de l’Amérique du Nord, présente un potentiel considérable pour les personnes souffrant de maladies virales chroniques telles que l’hépatite. Il est également antibactérien et antifongique, ce qui en fait une excellente plante polyvalente pour la santé et le bien-être.

Il est à noter que l’utilisation excessive de la plante entraîne souvent une éruption rouge qui ne démange pas et qui peut durer des semaines.

Le Lomatium est une plante à croissance lente, les peuplements indigènes ayant besoin de plusieurs années pour récupérer après la récolte. Afin d’être le plus responsable possible, je vous encourage à cultiver ce type de plantes à partir de graines dans des sols secs, arides et même rocheux en plein soleil.

Il déteste l’humidité et ne nécessite aucune fertilisation. La racine pivotante lourde peut se récolter dans des peuplements de Lomatium bien établis, c’est à dire trois à cinq ans.

>> Alternatives : Ail (Allium sativum), Mélisse (Melissa officinalis L.), Astragale (Astragalus propinquus)

L’Orme Rouge subit une pratique destructrice responsable de sa disparition

orme rouge remèdes naturels colique cultiver responsable
Seule l’écorce interne de l’Orme Rouge s’utilise pour des actions thérapeutique. Photo de Dan Mullen

L’Orme Rouge (Ulmus rubra) d’Amérique du Nord est bien connu pour ses propriétés nutritives et mucilagineuses. L’écorce interne est efficace pour soulager l’inflammation intestinale, restaurer l’humidité et augmenter l’appétit des personnes faibles ou malades.

Son goût légèrement sucré et aromatisé le rend particulièrement attrayant pour les enfants. Dans la mesure où les propriétés médicinales proviennent de l’écorce interne de l’arbre, les cas de récoltes contraires à l’éthique sont courants. L’arbre est également extrêmement vulnérable aux parasites et aux maladies.

L’Orme Rouge se développe mieux dans les sols profonds, riches et humides, au pH légèrement acide. Bien à l’abri des zones inondables. Il tolère le plein soleil et l’ombre partielle. Il est indéniable que c’est l’écorce interne du tronc et des branches qui ont la plus grande valeur médicinale. Un produit de qualité inférieure peut s’obtenir en récoltant un rameau d’Orme Rouge, puis en le séchant et en le broyant.

La méthode de récolte la plus durable consiste à couper soigneusement une branche bien mature du tronc. Puis, à enlever la branche de l’écorce. L’écorce interne peut ensuite être raclée de la couche externe et traitée pour être stockée.

Par ailleurs, cultiver ces plantes médicinales populaires menacées de façon responsable contribue à accroître considérablement la durabilité de notre communauté de consommateurs de plantes tout en respectant l’environnement.

Dans le cas où, vous ne pouvez pas cultiver, il est important de trouver une alternative responsable et durable à ces plantes à risque. En effet, c’est notre responsabilité d’être des cultivateurs et des consommateurs conscients et respectueux de la médecine offerte par la nature.

>> Alternatives : Avoine (Avena sativa), racine de Guimauve (Althaea officinalis L.)

L’Osha, rare et difficile à cultiver

Osha plante médicinale difficile cultiver
L’Osha a l’apparence typique des membres de la famille du persil, avec des feuilles semblables et des ombelles de fleurs blanches. Photo de JOE BLOWE

L’Osha (Ligusticum porteri) des Rocheuses américaines, situé en haute altitude (entre 1500 et 3000 mètres), est une plante bien adaptée à l’apaisement des troubles respiratoires. Grâce à ses propriétés expectorantes, antibactériennes et anti-inflammatoires, l’Osha est facilement identifiable comme une excellente plante pour les problèmes de santé liés à l’hiver.

L’Osha tarde à atteindre sa maturité reproductive, ce qui fait de cette dernière une plante particulièrement sensible aux récoltes sauvages. Il est à noter que l’Osha se développe mieux en haute altitude, où l’on observe de longues périodes de froid et de gel. Il préfère pousser dans les bosquets de Tremble à l’ombre tachetée, aux sols riches et quelque peu tourbeux, et tolère même un certain degré d’humidité.

En outre, si la plante est cultivée à une altitude peu élevée où les températures plus chaudes prévalent, il faut arroser fréquemment cette plante pour éviter la dormance estivale.

Les racines peuvent croître régulièrement jusqu’à 15 ans. Je vous conseille d’attendre au moins 3 à 5 ans avant la récolte donnera des rendements beaucoup plus élevés.

>> Alternative : la Grande Aunée (Inula helenium)

La Griffe du Diable ou Harpagophytum à consommer de façon responsable

griffe du diable harpagophytum afrique namibie plante médicinale
Son nom, la Griffe du Diable lui vient de ses fruits qui sont recouverts de crochets acérés. Photo de Dr. Alexey Yakovlev

La Griffe du Diable (Harpagophytum procumbens ou zeyheri) est une plante originaire d’Afrique du Sud. Et même là-bas elle devient plutôt rare à cause des abus du marché et de sa surexploitation. Il est à noter que la Namibie fournit 90% de la demande mondiale ! L’Harpagophytum a été bien trop ramassée sans contrôle efficace, et à ce jour, elle est considérée comme menacée.

Vous comprenez donc l’importance de cultiver et récolter ces plantes de manière responsable.

On récolte principalement les racines secondaires de la plante pour leurs propriétés anti-inflammatoire afin de soulager les douleurs articulaires telles que l’arthrose et la polyarthrite rhumatoïde.

Une manière respectueuse de récolter la plante est de creuser un trou sur un seul côté de la plante pour récupérer seulement les racines secondaires, facilement identifiables. En principe si l’on ne touche pas à la racine principale, cela permet de préserver la plante.

La maturité des plantes se compte également en années afin d’avoir un rendement élevé pour la récolte.

>> Alternatives : la Reine des prés (Filipendula ulmaria), le Saule Blanc (Salix alba), la feuille de Cassis (Ribes nigrum), l’Ortie (Urtica dioica), le Gingembre (Zingiber officinale) et le Curcuma (Curcuma longa).

Voilà, j’espère que vous êtes éclairés sur les différentes plantes médicinales à cultiver de manière respectueuse et responsable ainsi que leurs alternatives. N’hésitez pas à poser vos questions en commentaire. Et pensez à vous abonner à la newsletter si ce n’est pas encore fait. Alors, vous recevrez mon guide « Les 5 bobos des enfants à prévenir et guérir avec des remèdes naturels » 😉

Et partagez l’article pour éclairer la lanterne des consommateurs ! 🙂

VOUS AVEZ AIMÉ CET ARTICLE ?

Votez !

( votes, moyenne : / 5)

  •  
  •  
  •  
  •  
  •